Vous prenez un anticoagulant, et la piqûre contre la grippe vous inquiète ? La campagne de vaccination 2026-2027 a commencé le 13 octobre, et beaucoup reportent le geste par peur de saigner.
On fait le point sur ce qui est possible et sur les bons gestes.
Vaccin contre la grippe et anticoagulant : la vaccination reste possible
Décider de se faire vacciner
Vous prenez un anticoagulant et vous hésitez à vous faire vacciner contre la grippe ? Bonne nouvelle : c’est possible. N’arrêtez surtout pas votre traitement pour cela.
La grippe peut être grave après 65 ans, en cas de maladie chronique, d’obésité importante ou de grossesse.
Le point à surveiller, c’est la piqûre. Elle peut saigner un peu plus longtemps ou provoquer un hématome, cette petite poche de sang sous la peau. Une bonne technique limite ce risque.
Arrêter votre aspirine, votre Lovenox, un antivitamine K ou votre Eliquis pour vous faire vacciner est une mauvaise idée. Cela peut favoriser la formation d’un caillot. Les précautions sont adaptées à votre traitement.
Notice et adaptation du traitement
Avant l’injection, votre médecin, votre pharmacien ou votre infirmier pourra avoir besoin de connaître quelques éléments :
- le nom exact de votre médicament et sa dose
- l’heure de votre dernière prise ou injection
- vos derniers résultats d’INR si vous prenez un antivitamine K
- vos antécédents d’hématome important ou de saignement prolongé
L’INR mesure l’effet d’un antivitamine K. Si le résultat reste dans la zone prévue par votre médecin, l’injection peut se faire avec une aiguille fine et une compression prolongée. La voie sous-cutanée peut être privilégiée si la notice du vaccin le permet.
Avant la vaccination
Signalez votre anticoagulant dès votre arrivée. Apportez votre ordonnance. C’est utile surtout si d’autres traitements augmentent le risque de saignement.
La voie d’injection et la compression réduisent le risque d’hématome
Choisir la voie d’injection
Le vaccin antigrippal se fait en général dans le muscle deltoïde, en haut du bras. Chez une personne sous anticoagulant, la voie sous-cutanée peut être privilégiée si la notice du vaccin le permet. La piqûre reste ainsi moins profonde.
Réduire le risque d’hématome

Après l’injection, posez une compresse sèche sur le point de piqûre. Appuyez fermement et sans arrêt pendant plusieurs minutes. Ne massez pas et ne frottez pas.
Le professionnel peut aussi utiliser une aiguille fine. Ces gestes ne suppriment pas l’hématome. Ils limitent toutefois nettement le risque de saignement local.
Après la vaccination
Demandez rapidement un avis si :
- l’hématome grossit nettement
- il devient très tendu ou douloureux
- le saignement ne s’arrête pas malgré une pression continue
- le bras reste difficile à bouger
Aspirine, Lovenox, AVK et Eliquis demandent des précautions adaptées
Selon le traitement pris
L’aspirine agit surtout sur les plaquettes. Ce sont des cellules qui participent à la formation du bouchon sanguin. On la présente souvent comme un antiagrégant plaquettaire. Pourtant, on la range parfois parmi les anticoagulants. Ne l’arrêtez jamais sans l’accord de votre médecin.

L’Eliquis contient de l’apixaban, un anticoagulant oral direct qui augmente le risque de saignement. Ce risque grimpe surtout avec l’aspirine ou un anti-inflammatoire comme l’ibuprofène.
Facteurs qui renforcent la vigilance
Une maladie du foie ou des reins peut changer l’évaluation du risque. C’est aussi le cas d’une intervention ou d’une chute récente. Un traitement anticoagulant commencé depuis peu compte aussi. Dans ces cas, demandez conseil avant le rendez-vous vaccinal.
Le saignement lié au vaccin concerne surtout le point d’injection
Nature du risque

Le vaccin ne provoque pas, à lui seul, une hémorragie générale. Le risque concerne surtout le point d’injection : l’aiguille peut entraîner un saignement ou un hématome dans les tissus autour.
Si le saignement ne s’arrête pas malgré une pression continue, si le gonflement est rapide ou si l’hématome grossit nettement, demandez rapidement un avis médical. Ne modifiez jamais votre traitement seul.
Vaccin et effets généraux
Les vaccins antigrippaux utilisés en France sont inactivés ou non vivants. Certaines présentations nasales pour enfants font exception. Le vaccin injectable ne peut donc pas vous donner la grippe.
La protection s’installe environ deux semaines après l’injection. Vous pouvez aussi être vacciné en pleine épidémie. Demandez conseil si vous hésitez sur le moment.
Les réactions au vaccin sont généralement locales et passagères
Réactions courantes

La douleur au point d’injection est la réaction la plus fréquente. Vous pouvez aussi avoir de la rougeur, un léger gonflement, de la fatigue, des courbatures ou un mal de tête.
Pour soulager ces symptômes :
- Bougez doucement le bras.
- Buvez normalement.
- Demandez conseil avant de prendre un médicament contre la douleur ou la fièvre : certains anti-inflammatoires augmentent le risque de saignement sous anticoagulant.
Réactions rares et précautions
Une réaction allergique grave est rare. Elle peut causer une gêne respiratoire, un gonflement du visage ou un malaise brutal. Si cela arrive, appelez immédiatement les urgences.
Consultez un médecin si vous avez une forte fièvre, une faiblesse inhabituelle ou des saignements loin du point d’injection. Il en va de même pour de nombreux petits points rouges sur la peau. Sous anticoagulant, ces signes méritent un avis rapide.
Les contre-indications concernent surtout l’allergie et la fièvre aiguë
Contre-indications vaccinales
La principale contre-indication est une réaction allergique grave. Elle peut venir d’une dose précédente ou d’un composant du vaccin. Ces composants sont par exemple les protéines de l’œuf ou du poulet, la gentamicine ou certains excipients, selon le produit.
Le traitement anticoagulant ne suffit pas à lui seul à empêcher la vaccination. Il faut surtout adapter le geste et surveiller le point d’injection.
Avis avant la vaccination
Parlez-en à votre médecin si :
- vous avez déjà eu une allergie sévère après un vaccin
- vous souffrez d’un trouble connu de la coagulation
- votre INR varie beaucoup d’une analyse à l’autre
La campagne antigrippale 2026-2027 a commencé le 13 octobre
Calendrier de vaccination

En France hexagonale, aux Antilles et en Guyane, la campagne 2026-2027 a commencé le 13 octobre, en même temps que la campagne contre la Covid-19. Vous pouvez donc vous faire vacciner dès maintenant.
Moment de la vaccination
Le vaccin change chaque année. Pourquoi ? Les souches grippales qui circulent évoluent, alors la composition du vaccin est mise à jour. Chez l’adulte, une seule injection suffit en général.
Cinq vaccins antigrippaux sont proposés pour la saison 2026-2027
Produits et publics concernés
Cinq vaccins antigrippaux sont proposés en France pour cette saison. Efluelda et Fluad sont destinés en priorité aux personnes âgées.
Composition et renouvellement

Les vaccins de la saison 2026-2027 sont trivalents : ils ciblent trois groupes de virus grippaux. Quatre contiennent 15 microgrammes d’hémagglutinine par souche. Efluelda en contient 60 microgrammes.
L’hémagglutinine est la protéine de surface du virus. Votre organisme apprend à la reconnaître pour se défendre. Le dosage plus élevé d’Efluelda ne change pas les précautions liées à votre anticoagulant.
Fluad doit être injecté dans le muscle. Certains vaccins standards peuvent aussi être administrés sous la peau.
Les personnes à risque sont ciblées et le vaccin est pris en charge
Personnes concernées
La vaccination est recommandée chaque année aux personnes suivantes :
- les personnes de 65 ans et plus
- les femmes enceintes
- les personnes atteintes de certaines maladies chroniques
- les personnes présentant une obésité, avec un indice de masse corporelle d’au moins 40 kg/m²
Remboursement et accès
Si vous êtes ciblé, le vaccin est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie. Présentez le bon prévu à cet effet. La pharmacie vous le délivre gratuitement avec votre carte Vitale.

Un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien peut le prescrire ou l’administrer, selon votre âge et votre situation. Signalez votre anticoagulant à la personne qui fait l’injection. Même si la vaccination s’est bien passée jusqu’ici, dites-le-lui.
Pour la suite, gardez un œil sur le point de piqûre pendant quelques jours. Si l’hématome grossit ou si le saignement ne s’arrête pas malgré une pression continue, appelez sans attendre le professionnel qui vous a vacciné.





