Que signifie le vaccin bilié de Calmette et Guérin ?

Fiole de vaccin et seringue posées sur une table médicale, avec une radiographie pulmonaire floue en arrière-plan.

Depuis 2007, le BCG n’est plus obligatoire pour les enfants en France. Il reste recommandé dans certains cas, mais lesquels au juste ?

Faisons le point sur le vaccin bilié de Calmette et Guérin, et sur votre situation.

Le vaccin bilié de Calmette et Guérin correspond au BCG

Origine du nom et composition

Le sigle BCG désigne le « vaccin bilié de Calmette et Guérin ». Il porte le nom des deux chercheurs français qui l’ont mis au point, Albert Calmette et Camille Guérin.

Le mot « bilié » renvoie au milieu de culture utilisé pendant les recherches. Les bactéries poussaient sur des tranches de pomme de terre imbibées de bile de bœuf et de glycérol. À force de les cultiver ainsi, leur virulence a fini par chuter.

Voilà le point clé : le BCG est un vaccin vivant atténué. Il contient une souche affaiblie de Mycobacterium bovis, la bactérie de la tuberculose bovine. Elle est assez modifiée pour éveiller vos défenses sans vous rendre malade. Contrairement à beaucoup d’autres vaccins, il ne contient ni aluminium ni autre adjuvant.

Attention à la confusion fréquente : le BCG ne provient pas du bacille de la tuberculose humaine, Mycobacterium tuberculosis. Il est issu d’une bactérie voisine, devenue beaucoup moins dangereuse après de nombreuses cultures successives.

Les étapes de la mise au point

Albert Calmette commence ses travaux sur la tuberculose à Lille en 1897. Il s’associe ensuite à Camille Guérin, vétérinaire et chercheur. Guérin prend en charge les expériences sur les animaux.

La première vaccination d’un nourrisson a lieu en juillet 1921, alors que sa mère est elle-même atteinte de tuberculose. À partir de 1924, le vaccin est produit à plus grande échelle sous le nom de BCG.

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Le BCG protège surtout les enfants des formes graves de tuberculose

La tuberculose touche souvent les poumons. Mais elle peut aussi atteindre d’autres organes. Chez le nourrisson et le jeune enfant, elle peut mener à une méningite tuberculeuse. Elle peut aussi se répandre dans tout le corps, c’est la forme dite miliaire.

Chez les jeunes enfants vaccinés, le BCG réduit de plus de 75 % le risque de méningite tuberculeuse et de tuberculose disséminée.
Le BCG réduit de plus de 75 % le risque de ces deux formes graves chez les jeunes enfants.

C’est là que le BCG fait la différence. Administré dans les premiers mois de la vie, il réduit de plus de 75 % le risque de ces formes graves. Sa protection vise surtout la méningite et la tuberculose disséminée. Elle ne couvre pas toutes les contaminations respiratoires.

Une seule dose suffit, sans rappel prévu. Comptez environ un à deux mois après l’injection pour que la protection s’installe.

Le vaccin se fait par injection dans la peau. Le médecin la pratique en général sur la partie haute et externe du bras.

Le BCG n’est plus obligatoire en France depuis 2007

Obligation et enfants concernés

Depuis 2007, le BCG n’est plus obligatoire pour les enfants en France. Vous ne pouvez donc plus être refusé en crèche, chez une assistante maternelle ou à l’école faute de BCG.

Il reste en revanche obligatoire pour certaines personnes exposées dans leur travail :

  • Les professionnels de santé.
  • Les étudiants des filières sanitaires et sociales.
  • Les personnels de laboratoire.
  • Certains sapeurs-pompiers.

Critères de risque et calendrier

Pour un enfant concerné, le vaccin est recommandé dès un mois, idéalement pendant le deuxième mois. Il reste possible jusqu’à 15 ans si le risque persiste et que l’enfant n’a jamais été vacciné.

Deux situations justifient surtout cette recommandation :

  • Une naissance dans un pays fortement touché par la tuberculose, ou une origine de l’un des parents dans un tel pays.
  • Un cas de tuberculose récent dans la famille, datant de moins de cinq ans.

La cicatrice du BCG suit une évolution locale prévisible

Pas d’inquiétude si la zone de l’injection change : c’est normal. La réaction commence en général deux à trois semaines après la piqûre. Vous voyez alors une zone dure, rouge ou légèrement gonflée.

La lésion forme ensuite une petite pustule. Puis elle devient une ulcération, parfois avec un écoulement clair. Elle sèche peu à peu et guérit seule en quelques semaines à quelques mois. Elle laisse souvent une cicatrice plate.

La pustule culmine habituellement vers six semaines. La cicatrisation survient autour de trois mois, parfois plus tard. La cicatrice mesure en général entre 3 et 7 millimètres. Elle peut rester visible longtemps.

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Une absence de cicatrice ne prouve pas à elle seule que le vaccin a échoué. En cas de doute, demandez un avis médical. Ne faites pas revacciner votre enfant sans évaluation.

Les soins de la lésion du BCG limitent les irritations

Bonne nouvelle : la lésion se soigne sans antibiotique ni crème. Il suffit de garder la zone propre, d’éviter les frottements et de laisser la peau faire son travail.

Pendant l’évolution de la réaction, adoptez ces gestes :

  • N’appliquez ni pommade, ni talc, ni antiseptique, ni antibiotique, sauf indication précise d’un professionnel de santé.
  • Ne percez pas, ne pressez pas et ne grattez pas la lésion, sinon la cicatrisation traîne et la marque risque de s’agrandir.

Le bain et la douche sont autorisés dès le jour de la vaccination. Une zone un peu gonflée ou un petit écoulement ne justifient donc pas de laver moins souvent le bras.

Consultez si :

  • la zone dure dépasse 1 centimètre ;
  • l’enfant ne bouge plus correctement le bras ;
  • un ganglion devient visible et mou ;
  • une fièvre et une fatigue inexpliquées apparaissent.

Certaines situations contre-indiquent ou reportent le vaccin BCG

Contre-indications au vaccin vivant

Le BCG est un vaccin vivant atténué. Il ne doit donc pas être fait à une personne dont les défenses immunitaires sont faibles, qu’elles soient présentes dès la naissance ou acquises. C’est le cas, par exemple, en cas d’infection par le VIH ou de certaines leucémies et lymphomes.

Certains traitements affaiblissent aussi les défenses immunitaires et peuvent interdire le BCG :

  • certaines chimiothérapies
  • les radiothérapies
  • les corticothérapies générales
  • les autres immunosuppresseurs

En France, la vaccination est aussi contre-indiquée pendant la grossesse. Le professionnel vérifie aussi si vous avez déjà fait une réaction allergique à un composant du vaccin. Il regarde aussi si une tuberculose a déjà été diagnostiquée ou si un test d’infection est positif.

Vérifiez ce qui vous concerne pour le vaccin BCG
Cochez les points qui s’appliquent à votre situation

Le sigle BCG désigne ce vaccin contre la tuberculose, issu des travaux d’Albert Calmette et Camille Guérin.

Le vaccin est recommandé dès un mois, idéalement pendant le deuxième mois, et reste possible jusqu’à 15 ans si le risque persiste.

Ce critère fait partie des situations qui justifient une recommandation vaccinale.

Un cas récent dans l’entourage proche augmente le risque et motive la vaccination.

Pour ces professions, le BCG reste obligatoire en France.

Le BCG étant un vaccin vivant atténué, ces traitements peuvent le contre-indiquer.

La vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse.

Cette évolution est normale et guérit seule en quelques semaines à quelques mois.

Ces signes justifient une consultation médicale.

L’eczéma seul ne suffit pas à interdire le BCG. En revanche, la peau au point d’injection doit être intacte. Une infection cutanée étendue oblige à reporter la vaccination.

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Report et évaluation médicale

Une forte fièvre ou une infection aiguë modérée à sévère peut faire reporter la vaccination de quelques jours. Une petite infection sans gravité ne déclenche pas automatiquement un report. Le professionnel évalue l’état général de l’enfant.

La vaccination est aussi reportée si l’enfant a été récemment en contact avec une personne atteinte d’une tuberculose contagieuse. Le temps de vérifier qu’il n’est pas déjà infecté, on attend. Rappelons-le : un BCG ne soigne pas une infection tuberculeuse existante.

Avant l’injection, signalez au professionnel :

  • un traitement qui affaiblit les défenses immunitaires, chez l’enfant ou chez la mère pendant la grossesse ou l’allaitement
  • un test tuberculinique positif ou une tuberculose déjà connue

Pour savoir si le BCG vous concerne, commencez par regarder le carnet de vaccination de votre enfant, puis le calendrier vaccinal à jour du ministère de la Santé. Il indique qui est visé et à quel âge.

En savoir plus

Une personne montre le pansement sur son bras après une vaccination, avec un frottis sanguin en arrière-plan.

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