Pour la vaccination et l’asthme, les questions s’accumulent vite. Grippe, pneumocoque, Covid-19 : lequel faire, et quand ?
On fait le tri, vaccin par vaccin, avec les bons repères.
Vaccination et asthme : le vaccin contre la grippe est recommandé
Si vous êtes asthmatique, la grippe n’est pas un simple coup de fatigue. Elle peut enflammer les bronches et déclencher une crise. C’est pourquoi la vaccination contre la grippe fait partie des recommandations annuelles, pour les enfants comme pour les adultes asthmatiques.
La campagne 2026-2027 contre la grippe a démarré le 13 octobre en France métropolitaine. Si vous êtes asthmatique, vous pouvez vous faire vacciner dès 6 mois, selon votre situation médicale.
Ce vaccin est inactivé. Il ne peut donc pas vous donner la grippe. Son vrai intérêt est ailleurs : il diminue fortement le risque de forme grave, d’hospitalisation et de décompensation de votre asthme.
Vous pouvez le recevoir à plusieurs endroits :
- chez votre médecin
- dans une pharmacie
- auprès d’un infirmier
Il faut le refaire chaque année. Les virus en circulation changent, et la composition du vaccin est ajustée en conséquence. Lors de la même séance, vous pouvez associer le vaccin contre la Covid-19, à condition de le faire dans chaque bras.
Dans l’immense majorité des cas, les effets secondaires restent légers et passagers :
- douleur, rougeur ou gonflement au point d’injection
- fatigue ou maux de tête
- fièvre légère
- douleurs musculaires ou articulaires
Une réaction allergique grave reste très rare. En revanche, si vous ressentez une gêne pour respirer, un gonflement du visage ou un malaise après l’injection, consultez un médecin sans attendre.
Le vaccin contre le pneumocoque vise l’asthme sévère et d’autres risques
Le vaccin contre le pneumocoque s’adresse en priorité aux personnes exposées à une infection sévère.
Chez l’adulte, c’est le cas notamment de :
- l’asthme sévère
- l’insuffisance respiratoire chronique
- certaines maladies cardiaques
- le diabète
- les déficits immunitaires
Depuis avril 2025, toutes les personnes de 65 ans et plus peuvent aussi en bénéficier, qu’elles aient ou non une autre maladie. Si votre asthme est sévère ou mal contrôlé, cette vaccination prend encore plus de sens.
Le pneumocoque est une bactérie. Elle provoque des pneumonies et des méningites, c’est-à-dire une infection des enveloppes du cerveau.

Chez l’adulte, la vaccination repose aujourd’hui sur une dose unique de vaccin pneumococcique conjugué.
Le VPC20 (Prevenar 20®) et le VPC21 (Capvaxive®) peuvent être utilisés selon l’âge et les recommandations en vigueur. Pour les adultes à risque âgés de 18 à 64 ans, c’est le VPC21 qui est privilégié.
Si vous avez déjà suivi un ancien schéma vaccinal, votre professionnel de santé vérifie les dates et les vaccins reçus. Il décide ensuite s’il faut faire une injection. Le délai dépend du schéma suivi, parfois cinq ans après un schéma complet ancien.
Vous pouvez recevoir ce vaccin le même jour que celui contre la grippe, à deux endroits différents du corps. Si vous préférez les espacer, aucun délai n’est imposé.
Avant toute injection, signalez une allergie grave à un composant du vaccin. Dites aussi si vous avez eu une réaction sévère lors d’une vaccination précédente.
La vaccination contre la Covid-19 dépend du niveau de risque lié à l’asthme
La vaccination contre la Covid-19 est recommandée chaque automne aux personnes de 65 ans et plus. Elle l’est aussi à celles qui risquent une forme grave. Les maladies pulmonaires chroniques en font partie. C’est surtout vrai si votre asthme est sévère ou mal contrôlé.
Elle mérite particulièrement d’être discutée avec votre médecin si, en plus de votre asthme, vous avez :
- 65 ans ou plus
- une immunodépression
- des cures répétées de corticoïdes par voie orale
- une grossesse

En général, une dose par an est proposée pendant la campagne d’automne. Il faut attendre au moins six mois après la dernière infection ou injection.
Ce délai peut être ramené à trois mois. C’est possible chez les personnes de 80 ans et plus, chez les personnes immunodéprimées et chez certains patients à très haut risque.
Les traitements de l’asthme sont généralement compatibles avec les vaccins

Les corticoïdes inhalés, pris tous les jours, ne sont pas une contre-indication aux vaccins contre la grippe, le pneumocoque ou la Covid-19. Surtout, n’arrêtez pas votre inhalateur avant une vaccination.
Les bronchodilatateurs inhalés ne posent pas davantage de problème avec les vaccins habituels. Leur action et leur mode de prise restent inchangés.
Une biothérapie prescrite pour un asthme sévère ne demande aucune adaptation particulière. Vous n’avez pas besoin de l’interrompre avant ces vaccins.
Les corticoïdes pris par voie orale ou injectable font, eux, l’objet d’une appréciation plus personnalisée :
- une courte cure lors d’une crise suffit rarement à empêcher la vaccination ;
- une corticothérapie prolongée à forte dose peut réduire la réponse immunitaire ;
- les vaccins vivants atténués demandent des précautions en cas de traitement immunosuppresseur ;
- les vaccins contre la grippe injectable, le pneumocoque et la Covid-19 ne sont pas des vaccins vivants atténués.
Une crise d’asthme importante, une infection aiguë avec forte fièvre ou une aggravation récente peut amener à reporter l’injection de quelques jours. En revanche, un simple rhume ne constitue généralement pas un obstacle.
Le plus simple, pour ne rien oublier, est de rassembler les vaccins que vous avez déjà reçus et leurs dates. Gardez ces informations sous la main lors de votre prochain rendez-vous : elles aideront à décider de ce qui vous reste à faire cette saison.





