Des ballonnements qui ne passent pas, un ventre lourd depuis des semaines, et l’espoir que ça finisse par partir tout seul.
Vous vous demandez s’il existe un dépistage du cancer de l’ovaire ? On fait le point.
Dépistage du cancer de l’ovaire : pas d’examen systématique
Chez une personne sans symptôme, aucun examen n’a jusqu’ici prouvé qu’il réduisait assez les décès pour être organisé en dépistage du cancer de l’ovaire en France.
Le souci vient surtout de la discrétion des premiers signes. Ils ressemblent souvent à des troubles digestifs ou gynécologiques banals. Le diagnostic arrive donc souvent tard.
Une échographie et une prise de sang pour doser le CA 125 peuvent parfois révéler une anomalie. Mais elles entraînent aussi des examens inutiles et des inquiétudes. Parfois, elles mènent même à une intervention pour une lésion bénigne.
En France, il n’existe donc pas de dépistage du cancer de l’ovaire pour une personne sans symptôme. Aucun examen n’a jusqu’ici prouvé qu’il réduisait assez les décès pour être organisé en dépistage.
Ne pas attendre pour consulter. Un suivi gynécologique régulier permet de parler de :
- vos symptômes
- vos antécédents
- votre risque personnel
Ce suivi ne remplace pas un test de dépistage validé. Il n’existe pas encore de test de ce type.

Dépister concerne une personne sans symptôme. Diagnostiquer, c’est chercher la cause d’un signe, d’une douleur ou d’une masse. Cette distinction change complètement la conduite à tenir.
Si une masse est découverte par hasard, l’imagerie et l’examen clinique précisent sa nature. Si des antécédents familiaux semblent évocateurs, une consultation d’oncogénétique peut évaluer votre risque héréditaire.
Des symptômes persistants ou une masse ovarienne nécessitent un bilan
Les signes qui doivent attirer votre attention
Les symptômes du cancer de l’ovaire sont peu spécifiques. Leur apparition récente, leur répétition ou leur persistance pendant plusieurs semaines doit vous alerter.
Parmi les signes à surveiller :
- Ballonnements ou augmentation inhabituelle du volume du ventre, avec des vêtements qui serrent davantage.
- Douleurs abdominales ou pelviennes, parfois accompagnées d’une pesanteur dans le bas-ventre.
- Troubles digestifs persistants, comme une constipation, une diarrhée ou une digestion difficile.
- Besoin d’uriner plus souvent, ou urgences urinaires inhabituelles.
- Perte d’appétit, fatigue durable ou variation de poids inexpliquée.
- Saignements vaginaux en dehors des règles ou après la ménopause.
- Douleurs lombaires ou gonflement abdominal qui s’installe progressivement.
Pris seuls, ces signes ne prouvent pas un cancer. Un fibrome, un kyste, une endométriose, un trouble digestif ou une infection peuvent les expliquer. Mais s’ils persistent pendant plusieurs semaines, un avis médical est justifié.
Une masse ovarienne peut aussi être découverte sans aucun symptôme, par hasard, lors d’une échographie faite pour autre chose.
La consultation lance l’exploration
Le médecin vous interroge d’abord. Il veut savoir depuis quand ces symptômes durent, à quoi ressemblent vos règles, si vous êtes ménopausée, quels sont vos antécédents gynécologiques et les cancers présents dans votre famille.
Il palpe votre abdomen. Selon la situation, il fait aussi un examen gynécologique avec toucher vaginal. Il cherche une masse, une douleur, un ovaire plus gros ou un liquide anormal dans le ventre.
Le frottis du col de l’utérus ne permet pas de dépister un cancer de l’ovaire. Il reste utile pour le dépistage du cancer du col, mais ne répond pas à la même question.
Le bilan peut ensuite associer :
- Une échographie pelvienne, souvent l’examen d’imagerie de première intention.
- Une prise de sang, avec notamment le dosage du CA 125 quand le contexte le justifie.
- Une IRM ou un scanner si l’échographie montre une lésion indéterminée ou si le médecin doit rechercher une extension.
- Un prélèvement de tissu lorsque les images et les autres examens font suspecter une tumeur.
L’échographie évalue une masse ovarienne sans confirmer le cancer
Deux voies complètent l’examen
L’échographie utilise des ultrasons pour produire des images des ovaires, de l’utérus et des tissus voisins. Elle permet de repérer une masse. Elle en mesure les dimensions et montre si elle contient du liquide, des zones solides ou des cloisons.
L’examen peut se faire par deux voies.
- La voie sus-pubienne passe la sonde sur le ventre et donne une vue d’ensemble du pelvis ; une vessie pleine améliore parfois la visibilité.
- La voie endovaginale introduit délicatement une sonde protégée dans le vagin, pour obtenir une image plus proche et plus détaillée des ovaires.
L’échographiste analyse la forme de la masse et son contenu. Il regarde l’épaisseur de ses parois, la présence de végétations ou de cloisons. Il évalue aussi sa vascularisation au Doppler, c’est-à-dire la circulation du sang dans les tissus.
Ces critères n’ont pas tous le même poids :
- Une masse entièrement liquidienne, fine et simple, est jugée peu inquiétante.
- Une lésion mixte, avec des parties solides, des cloisons épaisses ou des excroissances, appelle davantage de vigilance.
- Ces éléments orientent la suite, sans constituer à eux seuls une preuve de cancer.
L’échographie peut aussi rechercher du liquide dans l’abdomen, appelé ascite. Elle peut également repérer des anomalies dans les organes voisins. Cela aide à organiser la suite.
L’expertise change la précision
L’interprétation dépend de la qualité des images. Elle dépend aussi de la voie utilisée et de l’expérience de celui qui examine les ovaires. Une échographie spécialisée caractérise souvent mieux une lésion restée incertaine au premier examen.
Quand une masse reste indéterminée, une IRM pelvienne peut être proposée. Une nouvelle échographie, réalisée par un professionnel expérimenté, est aussi possible. La Haute Autorité de santé recommande l’IRM pelvienne pour les lésions ovariennes indéterminées à l’échographie.
L’échographie ne répond jamais seule à la question « cancer ou pas ? ». Elle classe le risque d’une anomalie. Elle guide ensuite le choix entre surveillance, IRM, scanner ou prélèvement.
Le CA 125 complète l’évaluation sans dépister ni diagnostiquer seul
Un résultat élevé a plusieurs causes

Le CA 125 est une substance mesurée dans le sang. Son taux peut augmenter avec certains cancers de l’ovaire, mais aussi dans plusieurs situations non cancéreuses.
Un taux élevé s’observe notamment avec :
- Un kyste ovarien ou une autre tumeur bénigne.
- Une endométriose ou un fibrome.
- Une infection gynécologique ou une inflammation du péritoine.
- Les règles, une grossesse ou d’autres situations liées à la physiologie gynécologique.
Le résultat se lit avec l’échographie, l’examen clinique et l’évolution des symptômes. Un chiffre seul ne permet pas de savoir si la cause est bénigne ou maligne.
Un résultat normal ne suffit pas
Un CA 125 dans les valeurs habituelles ne permet pas d’écarter complètement un cancer de l’ovaire. Certaines tumeurs ne font pas grimper ce taux, surtout à un stade précoce ou selon leur type.
Le CA 125 ne sert pas au dépistage systématique des personnes sans symptôme. Il peut en revanche aider à explorer une masse ou à suivre un cancer déjà diagnostiqué.
Zoom sur le suivi : après un diagnostic, l’équipe médicale compare plusieurs dosages du CA 125 dans le temps. La tendance du marqueur apporte une information supplémentaire, toujours interprétée avec l’examen clinique et l’imagerie.
IRM et scanner précisent la nature et l’extension d’une anomalie
L’IRM détaille la masse

L’IRM, ou imagerie par résonance magnétique, produit des images très détaillées des tissus grâce à un champ magnétique. Elle aide à caractériser une masse ovarienne quand l’échographie ne suffit pas.
Elle précise la composition de la lésion. Elle montre aussi ses liens avec l’utérus et les organes voisins. Elle repère certains signes qui peuvent faire craindre une tumeur maligne. Elle ne remplace pas toujours l’analyse au microscope.
Le scanner recherche l’extension
Le scanner, ou tomodensitométrie, utilise des rayons X pour produire des images en coupes. Il explore le thorax, l’abdomen et le pelvis. Il cherche si la maladie s’est étendue.
Dans le cancer de l’ovaire, l’équipe vérifie notamment :
- une atteinte du péritoine
- une atteinte des ganglions
- une atteinte du foie
- une atteinte des poumons
- la présence d’ascite
Ces informations servent à évaluer le stade. Elles aident aussi à choisir le traitement.
L’analyse des tissus confirme le diagnostic de cancer ovarien
L’anatomopathologie apporte la preuve

Un médecin anatomopathologiste examine au microscope des cellules ou un morceau de tissu. Il y cherche des cellules cancéreuses et précise le type de tumeur.
L’imagerie, le CA 125 et l’examen clinique orientent la suspicion, mais ne remplacent pas la preuve tissulaire. Un kyste complexe ou une masse suspecte peut finalement se révéler bénin.
Le compte rendu peut identifier un cancer épithélial, une tumeur dite borderline ou une forme plus rare. Ces catégories ne reçoivent pas les mêmes traitements. Elles n’ont pas non plus le même suivi.
Dans certains cancers de l’ovaire de haut grade, l’analyse recherche aussi des anomalies des gènes BRCA1 et BRCA2. Elle cherche aussi un défaut de réparation de l’ADN, appelé déficit de recombinaison homologue.
Le prélèvement dépend de la situation
Le prélèvement peut se faire au cours d’une cœlioscopie. Cette intervention se déroule par de petites incisions, avec une caméra. L’équipe observe alors la cavité abdominale et prélève la zone suspecte.
Une biopsie peut aussi se faire à travers la peau, sous guidage radiologique. Cela dépend de la localisation de la lésion et de votre état. Le choix tient compte :
- du risque opératoire
- de la stratégie prévue
Parfois, le diagnostic repose sur une pièce retirée pendant une opération. Le chirurgien prélève alors la masse ou l’ovaire concerné. Il prend aussi parfois d’autres tissus, utiles pour évaluer l’extension.
Les antécédents familiaux peuvent justifier une évaluation génétique
Certains regroupements familiaux comptent

Plusieurs cancers du sein ou de l’ovaire dans une même branche de la famille peuvent faire penser à une prédisposition héréditaire. Le signal est plus net si un cancer est survenu jeune. Il l’est aussi si une même personne en a eu plusieurs.
Plusieurs situations peuvent justifier une orientation :
- Un cancer de l’ovaire chez une mère, une sœur, une fille, une tante ou une autre apparentée.
- Plusieurs cancers du sein dans la même branche familiale, surtout s’ils sont survenus avant 50 ans.
- Une mutation familiale déjà identifiée dans BRCA1, BRCA2 ou un autre gène de prédisposition.
- Un cancer de l’ovaire diagnostiqué chez vous, qui peut conduire à une analyse génétique même si l’histoire familiale paraît limitée.
Le lien peut venir du côté maternel comme du côté paternel. Notez donc les cancers présents dans les deux branches, leur type et l’âge du diagnostic.
La consultation encadre le test
Le test génétique se fait avec une prise de sang. Selon la situation, un prélèvement salivaire peut aussi suffire. Il recherche une anomalie dans certains gènes liés à une prédisposition aux cancers.
Une mutation de BRCA1 ou BRCA2 augmente le risque de cancer du sein et de l’ovaire. Toutes les personnes porteuses ne développent pas forcément un cancer. Le résultat s’interprète donc dans le cadre d’un suivi spécialisé.
Si une anomalie familiale est déjà connue, un test ciblé peut la rechercher chez les apparentées qui le souhaitent. Un résultat négatif pour cette mutation familiale ne signifie pas la même chose qu’un résultat négatif lorsque aucune anomalie familiale n’est connue.
Quand le test révèle une prédisposition, l’équipe propose une stratégie adaptée. Elle peut prévoir une surveillance renforcée et des mesures de prévention. Dans certains cas, une chirurgie préventive est discutée. Les apparentées concernées sont aussi informées.
Si vous avez un antécédent familial de cancer du sein ou de l’ovaire, notez le nom des apparentées touchées, leur lien avec vous, le type de cancer et l’âge du diagnostic. Apportez ces éléments à votre médecin traitant, à votre gynécologue ou lors d’une consultation d’oncogénétique.
En France, aucun examen n’a jusqu’ici prouvé qu’il réduisait assez les décès pour être organisé en dépistage du cancer de l’ovaire chez une personne sans symptôme. Vous pouvez rester attentive aux changements qui persistent ou reviennent au fil des semaines et en parler à votre médecin.





